Saintélyon 2018 – sous la pluie et dans la boue

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Saintélyon 2018 - Arrivée officiellement immortalisée

Retour sur la 65e édition de la Saintélyon 2018

J’ai décidé de revenir sur cette édition anniversaire de la Saintélyon qui était mythique à tous points de vue. C’est un bon petit roman, prévoyez le temps pour le lire. 

Sinon pour aller à l’essentiel vous pouvez retrouver mon activité sur Strava : Saintélyon 2018.

La préparation en amont

Ceux qui me connaissent savent que l’année précédente, j’ai fait la Saintélyon 2017. Je l’ai tellement subi et souffert que je me suis dit “Plus jamais !”. C’était sans compter sur la force de conviction des copains et ma faible volonté. J’ai donc re-signé en m’inscrivant à cette 65e édition de la Saintélyon.

Cette année, je suis résolu à mieux me préparer et à ne pas subir les derniers kilomètres.

Je me lance donc sur huit à neuf semaines d’entraînements à coup de travail de côtes et de sortie longue à la frontale le weekend. Une préparation comme on en aimerait plus souvent : pas de blessures, pas de maladies, pas de sur-entrainement malgré les 75 à 80 kilomètres hebdomadaires avalés.

Je suis content, car j’ai le soutien de ma famille, de mes proches et, surtout, de mes amis qui m’accompagnent dans mes tribulations nocturnes en pleine forêt de Chaville/Meudon les samedis soir.

J-10 et là c’est le drame ! Je tombe malade. À noter que je ne tombe malade que très rarement, voire pas du tout de l’année et c’est juste avant la course que ça me tombe dessus. Impossible d’aller courir un peu, on est sur la phase “je fais du jus” (on l’a tous entendue celle-là hein ?). Tant pis, je me repose et j’arriverai reposé sur la ligne de départ. 

L'arrivée à Lyon

Ce que je ne vous ai pas dit c’est que, contrairement à l’année dernière, j’ai ramené toute une clique de coureurs parisiens. Inscrits sur les différents formats de l’événement, ils avaient tout à cœur de (re-)découvrir cette course nature nocturne.

Saintélyon 2018 - Un groupe de runners parisiens prêt à en découdre avec la Saintélyon
Saintélyon 2018 - Un quatuor de choc sur la SaintéSprint
Un quatuor de choc sur la SaintéSprint
Saintélyon 2018 - Deux lascars pas rassurés avant le départ de la 44km
Deux lascars pas rassurés avant le départ de la 44km
Saintélyon 2018 - Un groupe de runners parisiens prêts à en découdre
Un groupe de runners parisiens venus en découdre

Chauffés à bloc, on récupère nos dossards, prépare nos affaires en fonction de la météo qui ne s’annonce pas si clémente que ça.
Évidemment, on se repose aussi. La petite sieste pré-course est légèrement interrompue par le reste de la troupe qui nous rejoint à l’hôtel.

Départ et arrivée sur Saint-Etienne

L’arrivée aux halles de Saint-Etienne se fait, comme d’habitude, dans une navette surchauffée. On y retrouve Aurélien et Manon, puis Quentin qui nous propose d’aller dans la deuxème halle (entre nous, je vous conseille car il n’y a certes pas le petit ravitaillement ni la pasta-party, mais il y a plus de place).
On se restaure, on se repose, on s’habille, on fait des jeux pour passer le temps.

H-1h. On prend la direction de l’arche de départ. Adieu à mon sac de rechange que je retrouverai à l’arrivée, une dernière pause toilettes et c’est parti.
L’attente dans les sas de départ est agréable au début. L’ambiance, Light my way de U2… Puis la pluie fait son entrée. On espère partir dans une des premières vagues afin de ne pas commencer “trop” trempé. La première vague des élites, puis une deuxième et là la libération (enfin si on peut dire ça). Nous passons sous l’arche à minuit. Début de notre Saintélyon.

En route pour Saint-Christo-en-Jarez

Les premiers kilomètres offrent très peu de difficultés : parcours roulant et bitumé. Une petite nouveauté cette année qui nous fait prendre les cheins de campagne jusqu’à Sorbiers afin d’éviter de piétiner sur 7km de bitume comme les années précédentes. Comme promis, j’accompagne Manon, j’aperçois aussi Valentine qui gravite autour de nous et l’équipe des “tortues ninjas” (les deux florians et Kevin) pas très loin devant nous. Je choisis de ne pas trop pousser et de ménager nos forces. Cette première partie de parcours se passe sans encombres.

2 h 17 plus tard, on arrive au premier ravitaillement du parcours : Saint-Christo-en-Jarez. C’est la cohue. Difficile de se frayer un chemin jusqu’aux boissons chaudes. Je garde Manon à portée de vue et je lui de remplir ses gourdes si besoin, de manger un petit quelque chose, de prendre une soupe et on repart. Moins de dix minutes plus tard, on était sortis. Direction le prochain ravitaillement, c’est à partir de là que la course va commencer.

Direct pour Sainte-Catherine

Avec une bonne préparation, les premiers kilomètres ne sont, au mieux, qu’un échauffement pour la suite. Cette deuxième partie du parcours n’est pas si différente de la première. Le parcours est plutôt roulant. Ce qui le rend un peu plus difficile est la pluie qui tombe à verse, la boue qui l’accompagne et la nuit et tout ce qui l’accompagne (obscurité, fatigue mentale et musculaire, etc.).

Tout ne se passe pas trop mal, j’accompagne toujours Manon qui ne lâche rien et qui est d’une aisance presque déconcertante.
Il est 4 h 15 du matin et nous arrivons à Sainte-Catherine, 32e kilomètre du parcours.
Je me souviens encore de mes sensations l’année dernière après ce ravitaillement où je peine à repartir et relancer sur la route juste derrière.
Cette année, tout va bien. Mes jambes répondent et je suis serein. Je dis à Manon de ne pas trop traîner, de prendre ce dont elle a besoin et on repart très vite. Le piège de ce ravitaillement est qu’il est ouvert et qu’on s’y refroidit vite. 

Festival de cuisses et de mollets au Signal

Après ce ravitaillement, je me sens moins serein même si mes jambes tournent bien. Je pense à la difficulté du parcours : la montée du Bois d’Arfeuille avant de monter jusqu’au Signal, point culminant du parcours.

Les six kilomètres ne sont pas très difficiles, mais la boue (oui, jusqu’à présent ça allait) rend la progression difficile et les appuis incertains. Je commence à entendre Manon qui me dit “Maël ! Ralentis” ou “On marche ! Moins vite !”. Je sens qu’on va laisser des cartouches dans la montée.

Je ne me trompe pas. On arrive au pied et là c’est un toboggan humide et terreux qu’on doit monter. J’entends Manon qui râle, je l’encourage. Moins de dix minutes plus tard on en sort et je relance pour atteindre le sommet du Signal. Le temps d’admirer la vue et on redescend en direction de Chaussan. Je ne crie pas victoire trop vite. Malheureusement, la descente fait beaucoup plus de dégâts que la montée, mais Manon tient bon et on arrive sans trop de soucis au ravitaillement de Saint-Genou le Camp vers 6 h 45 du matin.

Le ravitaillement se passe plutôt bien. J’en profite pour remplir mes deux gourdes (seule fois du parcours). Par le plus grand des hasards, on retrouve les deux Florians et Kévin qui nous annoncent qu’on leur est passé devant. No way !
Ils nous avouent commencer à subir un peu la course. Ils vont profiter du ravitaillement pour souffler un peu. Je sens que ça remonte le moral de Manon qui m’annonce motivée “Allez ! On prend une soupe et on la boit tout en marchant !” Nous voilà déjà repartis de cette courte halte.

54km : Player 2 is game over

Les six kilomètres sont les seuls où j’ai râlé et pensé “Mais qu’est-ce que je fous ici ?”
Même si le profil annonçait une portion plus “roulante”, les passages en sous-bois étaient quasi-impraticables. La boue rendait les montées et descentes glissantes au possible.

On ajoute l’équation, un brouillard matinal qui s’ajoute à la pluie. Sans oublier la frontale de Manon qui lui faisait défaut depuis le km40. Une portion ras-le-bol comme on en connait tous.

Et soudain, le jour s’est levé et comme dans le film Forrest Gump, je me suis demandé si quelqu’un n’avait pas coupé la pluie. J’étais content et j’avais l’esprit un peu plus serein malgré mon corps fatigué. Manon accusait un peu plus la fatigue physique et mentale. J’avais l’impression qu’elle relançait moins (bien).

Et là, c’est le drame. A mi-chemin entre deux ravitaillements, on venait de relancer en sous-bois et je l’entends crier. Je pense à une crampe, mais elle me dit qu’elle a entendu crac. J’appelle les secours, je leur explique la situation et donne notre position approximative, entre le km53 et km54.

Le début d’une LONGUE attente des secours. On se fait rattraper par le trio de choc (Kévin et les deux Florians) qui restent avec nous à attendre et à essayer de re-contacter les secours, de réconforter Manon. Puis c’est au tour de Valentine de nous doubler, on lui demande de prévenir la première équipe de secouristes sur son chemin.

Ils n’arrivent qu’une heure plus tard, Manon étant recouverte de deux couvertures de survie et nous frigorifiés. Les secouristes s’occupant d’elle, nous, les deux Florian, Kevin et moi, décidons de repartir. Il ne nous reste qu’un tiers de la course. Plus que sept jusqu’à Soucieu-en-Jarrest. Malgré une fatigue avancée pour tout le monde, la troupe tient le coup et assure les kilomètres.

Un semi-marathon pour finir

Après une heure d’attente et une reprise sur sept kilomètres, il est tout juste 10h passées quand on arrive à Soucieu-en-Jarrest. On commence à fatiguer, chacun ses bobos. On ne s’attarde pas trop et on repart très vite. En sortant, je rassure mes proches qui pensaient qu’il m’était arrivé quelque chose et je croise Cynthia qui me prend en photo en FLAG de manque de respect.

Saintélyon 2018 - "Attends chérie, je quitte Soucieu-en-Jarrest et je te rappelle au prochain ravito"
"Attends chérie, je quitte Soucieu-en-Jarrest et je te rappelle au prochain ravito"
Saintélyon 2018 - Always be the one with the biggest smile
Always be the one with the biggest smile

La dernière partie du parcours étant sans grosses difficultés même si la fatigue n’aide pas : beaucoup de bitume, très peu de montées, je ne rentrerai pas trop dans les détails.

Les derniers kilomètres sont compliqués, ça sert des dents. Et surprise ! On retrouve Valentine deux kilomètres avant l’arrivée.

On ne se lâche pas, on termine ensemble. 13 h 20, on est finishers des 81 kilomètres la 65e édition de la Saintélyon 2018.

Saintélyon 2018 - Toujours là pour faire le pitre.
Saintélyon 2018 - Arrivée officiellement immortalisée
Saintélyon 2018 - Photo d'arrivée "à chaud" avec les copains

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